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AGPSY

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AGPSY - Association Grenobloise de Psychanalyse
agpsy38.spp@gmail.com / Maison de la Vie Associative et Citoyenne, 6 rue Berthe de Boissieux 38000 Grenoble

Avant chaque participation : consulter  le site ainsi que les éventuelles indications figurant dans chaque rubrique (conférences, séminaires et groupes d´échange clinique)

L’Association Grenobloise de Psychanalyse (AGPSY), fondée au début des années 1980, regroupe des psychanalystes de la région grenobloise membres de la Société Psychanalytique de Paris et de l’Association Psychanalytique Internationale (API, fondé par Freud en 1910).

PROGRAMME 2026 - 2027
Invités : Julianna VAMOS, Adrien PICHON, Jean-Claude STOLOFF

Thème général : RÉSISTER...UN IMPÉRATIF ÉTHIQUE

L’étymologie du verbe résister contient l’idée de s’arrêter : l’arrêt sera le premier pas vers le « tenir tête » fondant la résistance. Mais, s’arrêter ne suffit pas à caractériser l’acte de résistance, il en constitue simplement le premier temps ; ce sera souvent l’acte fondateur qui vient contrarier des desseins contraires. Le deuxième est l’acte de s’ériger, dynamique du résister, se lever et se tenir debout contre la menace. Le complément de l’acte de résister est donc le courage. A quoi, avec la psychanalyse, sommes-nous tenus de résister ?

Encore faudra-t-il ne pas confondre l’acte de résister et la notion de résistance telle qu’elle est définit dans la situation psychanalyitque. Si la seconde se présente comme une régrédience qui correspond chez le patient aux mécanismes venant s’opposer à l’avancée du travail thérapeutique, le premier est progrédience et engage l’éthique de tout psychanalyste. En effet, la psychanalyse est née dans le monde de son temps, créant une pensée totalement nouvelle et dérangeante de l’être humain : le moi n’est pas maître dans sa demeure. Soumis inconsciemment tout à la fois aux exigences de son monde interne et aux modifications de son environnement, écosystème dont il devient difficile -sauf à mentir, de nier les effets délétères sur les sociétés humaines. Par exemple, dans la pratique institutionnelle, les cliniciens souffrent de l’appauvrissement des liens et du sens de leur travail ancré dans l’accompagnement des patients vers la conquête de leur inaliénable subjectivité.

L’éthique de la psychanalyse, au-delà des particularités des civilisations dans lesquelles elle s’exprime et des dispositifs qu’elle crée pour répondre aux enjeux psychiques contemporains, repose sur le respect du sujet quel que soit son âge, sa culture et son histoire, dans un cadre rigoureux qui le garantit. Face au réel il est nécessaire, certes d’écouter la parole mais surtout d’écouter tout le réel du sujet qui vient et qui n’est pas contenu uniquement dans le langage verbal, mais de savoir saisir les éclats de réalité qui émergent dans la rencontre, jusqu’à ceux venant de l’extérieur du sujet mais où il reste partie prenante, pour les questionner dans l’ici et maintenant. Le modèle historique du soin fondé sur la psychanalyse est l’hystérie. Entourée d’un halo de désapprobation, cette affection voit son paradigme repensé à la lumière de la dialectique entre réalité incontestable du traumatisme et effets psychiques singuliers.  La pensée clinique affronte la complexité du sujet humain. Elle espère dans ses potentiels, pense et soutient ce qui pourra en permettre l’émergence. Il lui faut alors résister à la vague anti démocratique qui menace le monde, vantant une illusoire prospérité à la condition du renoncement à réfléchir. Nos invités témoigneront d’actes de résistance, par la pensée critique et éclairante de ce qui se joue actuellement sur les scènes du monde, par la mise en œuvre de dispositifs de soin impossibles à imaginer sans la référence à la psychanalyse, bien qu’éloignés de la pratique divan-fauteuil historique à laquelle elle est loin de se réduire.         

Marie-Aimée Hays et André Ciavaldini

Sécrétaires scientifiques